Témoignages

Pr. Emna Beltaïef,
Vice-présidente de l’Université de Tunis

 
Cher Monsieur le Directeur de l’ESSECT, chère Madame la Directrice du Pôle Étudiant Entrepreneur de l’Université de Tunis, chers invités, Mesdames, Messieurs,
Chères étudiantes, chers étudiants, Chers collègues,
 
   C’est avec un très grand plaisir – et en représentant le Président de l’Université de Tunis, qui fut lui-même directeur de cette École – que j’ai l’honneur d’ouvrir cette journée consacrée à l’intelligence artificielle et à l’innovation entrepreneuriale. Nous nous retrouvons aujourd’hui au sein d’une institution qui a fait de la curiosité intellectuelle, de la rigueur scientifique et de l’ouverture au monde ses marqueurs les plus évidents.
 
L’École des Sciences Sociales, Économiques et de Commerce est au cœur des enjeux contemporains : ceux qui interrogent nos façons de produire, d’échanger, d’entreprendre et de penser la société. L’IA, en particulier, transforme déjà nos pratiques professionnelles, nos méthodes de recherche, nos représentations, et, au fond, notre manière d’être au monde.
 
Permettez à la Professeure de littérature française que je suis d’évoquer brièvement ce croisement fécond entre humanités et technologies. L’intelligence artificielle ouvre aujourd’hui des perspectives insoupçonnées : elle permet d’explorer des corpus littéraires colossaux en quelques secondes, de restituer des manuscrits effacés par le temps, de comparer des styles, d’identifier des influences, ou encore de reconstituer des fragments manquants à partir de milliers de variantes.
Pour ma part, l’image qui me vient à l’esprit est celle d’une bibliothèque vivante et infinie.
L’IA est un outil que la recherche littéraire peut mobiliser au quotidien. Loin de menacer la créativité humaine, l’IA nous oblige à la redéfinir, à la réaffirmer, à lui donner de nouvelles formes. Elle nous invite à mieux comprendre ce qui, précisément, fait de l’acte de créer un acte profondément humain.
 
Cette ouverture d’esprit, cette capacité à embrasser la nouveauté, rejoignent pleinement l’esprit entrepreneurial que nous célébrons aujourd’hui. Les étudiantes et étudiants de cette École vont s’engager avec audace dans des projets innovants, mobiliser leurs connaissances, développer des solutions inédites et chercher à répondre aux défis économiques et sociaux de demain. L’Université de Tunis s’enorgueillit d’accompagner cette dynamique. L’innovation fait partie de ses priorités, non seulement comme levier de performance, mais comme moteur d’émancipation, d’éveil et de transformation.
 
Je voudrais également saluer un autre engagement cher à cette École et à son Directeur : celui du développement durable. L’initiative du potager créé avec des enfants en situation de handicap est un exemple extraordinaire d’innovation sociale, écologique et profondément humaine. Elle illustre que la responsabilité, la solidarité et le soin accordé aux autres sont aussi des formes d’entrepreneuriat – peut-être même les plus essentielles.
Dans un monde qui accélère, il est précieux de rappeler que l’innovation ne se mesure pas seulement en algorithmes, en modèles économiques ou en technologies émergentes : elle se mesure à l’impact réel sur les vies, sur l’inclusion, sur l’environnement, sur le lien que nous tissons avec la société.
 
Cet événement est donc plus qu’une rencontre scientifique. Il est une célébration : celle du talent, de la créativité, de l’engagement citoyen, et de la capacité de nos étudiants à occuper, avec intelligence et sensibilité, les espaces d’avenir.
 
En ouvrant officiellement cette journée, je tiens à vous exprimer la confiance et la fierté de l’Université de Tunis. Vous êtes la preuve que notre communauté sait conjuguer innovation et humanisme, excellence et bienveillance, ambition et responsabilité.
 
Je vous souhaite des échanges nourris, des idées audacieuses, et l’inspiration nécessaire pour transformer vos intuitions en projets durables.

 
Je vous remercie.
 

Pr. Emna Beltaief